De temps en temps j'aime bien aller me torturer en allant voir sur Internet les chats à adopter dans la région, alors que je n'ai ni les moyens, ni la place, ni l'immobilité* nécessaires.
C'est là que ce week-end j'ai vu un chat.
Un chartreux même. Ou du moins elle y ressemble sacrément.
A la SPA.
Deux ans, femelle stérilisée.
Qu'est-ce qu'elle est belle.
Mais elle préfèrerait une maison et je peux pas la prendre.
Mais j'aimerais bien qu'elle soit là à côté, roulée en boule sur le lit à ronronner, plutôt que toute seule à la SPA.
Ouin...
* Pas bon pour un chat de déménager tout le temps, hein.
lundi 28 novembre 2011
dimanche 27 novembre 2011
Weihnachtsgeschenke
(Note écrite l'an dernier, jamais publiée pour une raison quelconque. Aujourd'hui en juin 2011, je la garde telle quelle, ça me fera rigoler quand je la reverrai en novembre)
Bismarck publiait il y a déjà un moment un billet qui m'a pas mal interpellée, sur Noël.
Perso, j'aime bien chercher les cadeaux. Ou plutôt LE cadeau.
J'aime bien les wish-list, c'est utile*, j'en ai une, mais j'aime aussi en sortir. J'aime bien surprendre de temps en temps et je ne rate pas souvent mon coup. J'ai eu mon année casse-tête pour ma cousine qui s'était découvert une passion pour le Rubix, l'année dernière où je ne savais pas quoi offrir à mon père et j'ai dégoté une super écharpe tout à fait dans son style et toute douce en plus (partiellement alpaga), ou cet anniversaire d'une copine où j'ai dégoté au dernier moment une écharpe (again) et des boucles d'oreille de la couleur de ses yeux exactement.* J'avais dégoté une montre à gousset pas mal pour mon chéri, il y a presque deux ans.** Par contre, je suis maniaque, et je préfère ne rien trouver que me contenter d'un ersatz pour lequel je ne suis pas convaincue, et je suis difficile. Mais je sais fouiller, aussi.
Par contre, héhé, battu un record cette année. J'ai fait toutes mes courses de Noël sur le Net, en une soirée. (Mon compte en banque n'a probablement jamais pris une telle claque en si peu de temps aussi, ceci incluant l'énorme commande au Japon à trois chiffres dont le premier est un 2 la semaine dernière***. Hum.)
Rah nom de nom.En lisant sur ma boîte mail le nombre de mails non lus, qui s'élevait à 114, j'ai pensé:Asparagine.****Mon boulot doit commencer à sérieusement m'intoxiquer.
* Je suis trop jalouse de ses yeux bleu-vert. Les miens sont tellement sombres qu'on voit à peine les pupilles, du coup on me dit assez régulièrement que j'ai l'air méchant quand je suis d'humeur parfaitement normale. Pourquoi j'ai pas eu les yeux bleus de ma maman...
** J'en ris encore de la suite. Convaincu que je l'avais achetée dans une vraie bijouterie à prix d'or (en passant devant TrèsOr, il me l'a montré en me disant : "Tu l'as prise là, hein ? Tu t'es ruinée...") alors que je l'ai négociée sec chez l'Arabe du coin.
*** Non je n'ai pas un compte en banque avec des sommes à six chiffres dedans, et oui, j'ai mes périodes de grosses dépenses, deux fois par an environ (mars et novembre, même pas les soldes !), mais le reste du temps mes dépenses sont plutôt faibles.
**** Mes lecteurs sont sûrement pas tous biologistes et encore moins adeptes de la spectrométrie de masse, donc on va expliquer simplement. J'analyse des protéines par une technique permettant notamment de les fracasser comme des légos et d'identifier chaque brique légo (en vrai, on dit acide aminé, il y en a 20 et l'asparagine en est un) par une masse (ou plutôt une différence de masse mais on va pas chipoter). Il se trouve que la masse de 114 uma (unités de masse atomique) correspond à une asparagine.(Si quelqu'un ici fait de la bio ou de la spectrométrie de masse, pitié qu'il/elle me pardonne)
samedi 26 novembre 2011
Portrait chinois
Bon tout ça c'est la faute à E. Je te préviens tout de suite que je suis super nulle à chier dans ce genre d'exercice, mais je vais faire de mon mieux :) parce que je dois réfléchir trois heures avant chaque réponse...
Donc ce que je serais si j'étais :
1- une espèce menacée
J'ai dû regarder la liste sur Wikipedia (enfin une des listes tant elles sont nombreuses) avant de finalement opter pour le Lynx, vu que cette photo je la trouve tellement tellement mignonne.
2- une capitale européenne
C'est bien ça comme question, en vrai j'en connais que trois : Paris, Rome, Bruxelles. Incroyable que dans les autres pays européens que je connais je n'ai jamais vu la capitale. Je serais probablement une de ces capitales qui n'en ont pas l'air, du genre de Berne.
3- un sport
J'en connais un qui dirait la boxe. Mais ça serait calomnieux. Un peu.
4- une chanson
Ca c'est vraiment une question d'humeur...
Celle que je pense être : Nemo, de Nightwish.
Celle que je voudrais être : Happy Hawaii, de Abba.
5- une couleur
Jaune. Ce jaune.
6- un site Internet
Ben mon blog, t'en as de ces questions toi. ^^
7- une découverte
Celle de l'Amérique.
8- un personnage de fiction
Un de ceux que j'invente dans ma tête, et vu qu'ils y restent, ça va pas vous dire grand-chose. Je ne m'identifie pas aux personnages de romans, films ou que sais-je, donc j'ai vraiment aucune idée... Peut-être le personnage de Mathilde dans Un long dimanche de fiançailles.
9- un signe de ponctuation
J'aimerais pouvoir dire un point normal, mais ce serait pipeauter. Entre les points de suspension pour tout ce que je laisse en plan, les points d'interrogation de toutes mes questions et les points d'exclamation de toutes mes émotions, mon coeur balance.
10- un bijou
Je n'en porte aucun, à part ma montre, donc on va désigner cette dernière. Une montre toute bête, à aiguilles, dont il faut régulièrement changer bracelet et pile.
Je ne transmets pas, reprend qui n'en veut avec les questions qu'il veut. La flemme, j'avoue. Et beaucoup d'incertitudes sur un fichu projet qui me trotte dans la tête, ça distrait...
Article classé dans :
en chaîne
samedi 19 novembre 2011
Yufka au poulet
Ce blog risque de beaucoup se transformer en blog "essais culinaires", car en-dehors du Mah-Jong et des études, je n'ai pas le temps de faire grand-chose d'autre.
J'ai fini mon stage à Karlsruhe il y a trois semaines, retour à l'école il y a deux semaines et trois jours, et j'ai déjà hâte de fiche le camp. Là maintenant que j'ai une tonne de boulot (mon rapport de stage à finir, un gros projet à démarrer, un stage à trouver en avril, des tas de devoirs pour préparer ma Goethe-Prüfung et beaucoup de rangement) j'y résiste psychologiquement avec une très inopportune hypersomnie.
En plus, Noël arrive et j'ai plus beaucoup de sous.
Mais hier, je me suis souvenue que j'avais supplié mon copain-avec-qui-les-choses-se-passent-plus-ou-moins-bien* de passer la soirée avec moi, dû à un énorme stress familial. Et accessoirement, que je n'avais pas assez dans le frigo pour nourrir cet ogre.
Y avait bien ces deux tortillas qui m'étaient restées de ce drôle de plat poulet-champignons-noisettes-tomates confites. Belle alliance mais ça manquait d'un peu de peps et de légumes croquants.
Avec ces deux-là (que je croyais être 4 au départ d'ailleurs) j'ai donc décidé de faire des yufkas ; ça varie beaucoup selon les régions mais ici c'est un kebab dans un des succédanés de tortillas de blé mexicaines qu'on nous vend en France.
Mon dernier kebab avait tourné au désastre donc j'ai complètement réimprovisé.
Ce qui a donné (pour les quantités c'est un peu compliqué à gérer, donc je dis ce que j'ai mis moi. Et vu que je suis pifométrique ça va être compliqué) :
Ingrédients :
- 2 cuisses de poulet
- 2 filets de poulet
- 1 oignon blanc
- Paprika
- Cumin
- Piment de cayenne
- Huile d'olive, de colza, de tournesol
- 2 gousses d'ail
- 3 oignons verts
- 1 tomate
- 1 coeur de sucrine
- Vinaigre balsamique
- les 2 tortillas
- sel poivre
Cuire les cuisses de poulet :
- Par commodité je les ai fait cuire en premier, avec les os et la peau. Faire couler un filet d'huile sur la peau et masser pour faire pénétrer. Entailler la peau sur un côté. Hacher un oignon et de l'ail, ajouter un peu de thym et de paprika, et insérer la quantité de tout ça nécessaire sous la peau du poulet avant de faire cuire l'ensemble à feu doux dans la sauteuse fermée jusqu'à ce que ça sente bon (ça a dû être 20 minutes). Laisser refroidir.
Mariner les filets de poulet :
- les couper fin, les faire mariner dans le mélange suivant : 2-3 càs d'huile d'olive, 1/2 càc de vinaigre balsamique, 1 càc pas trop pleine de cumin en poudre, le reste du mélange oignon-ail de l'étape d'avant, et 1 peu de sel. Prévoir 45 à 60 minutes. A la place du sel j'avais mis de la sauce soja mais je suis pas sûre que ça ait changé grand-chose...
Faire une mayonnaise (je n'aime pas beaucoup la sauce blanche traditionnelle dans ce contexte)
Un jaune d'oeuf et une grosse cuillère à café de moutarde dans un bol. Y rajouter un peu de paprika et d'ail déshydraté, du sel et du poivre. Battre en rajoutant lentement de l'huile. Quand l'émulsion est prête, on peut alléger un peu en versant de l'eau. La mayonnaise gagnera en volume (plus qu'avec le même volume d'huile) mais perdra un peu en tenue, ce qui dans un kebab est secondaire.
Au total je dois être arrivée à 120 ml colza, 50ml olive, 30 ml tournesol (je trouve que c'est avec celle-ci que la mayonnaise prend le mieux mais elle est plus discutable diététiquement que les deux autres) et 50 à 80 ml d'eau.
La prochaine fois j'essaie de mesurer, mais avec le batteur en main c'est assez compliqué.
Réassaisonner (dans mon cas c'était franchement insuffisant) et mettre au frigo un petit moment (surtout s'il y a de l'eau, la station au frigo améliorera beaucoup la tenue).
Eminçage de la garniture
Couper oignons verts, tomates et sucrines en petits morceaux. C'est mieux si on limite le jus et la brunoise des tomates, et si on ne garde que les feuilles vertes des sucrines en enlevant les grosses nervures.
On revient au poulet
Emincer la viande des cuisses et récupérer les condiments qui ont cuit gentiment sous la peau comme à la vapeur. Récupérer le jus et le mettre à part.
Reprendre la sauteuse de cuisson des cuisses et faire cuire le blanc émincé à feu moyen avec sa marinade en mélangeant bien. Une fois qu'il est bien cuit on rajoute l'émincé de cuisses et seulement assez de jus pour mouiller les blancs. Laisser s'évaporer. Quand il n'y a plus d'eau, mouiller avec un filet d'huile d'olive. La viande commencera à griller et il faudra bien remuer et stopper la cuisson avant que ça brûle. Garder au chaud
Tortillas dans le four (sur la grille, au milieu) préchauffé à 150°C pendant 4 minutes. Au micro-ondes si vous en avez un, mais pas longtemps.
Garnir et manger.
Franchement, c'était super bon et rassasiant. On avait tous les deux assez avec une seule tortilla, et il m'est resté pas mal de garniture, suffisamment pour le repas de midi. Je trouve que la sucrine c'est une bonne salade pour ça, au goût prononcé de salade mais ni aussi fort que la roquette ni aussi amer que la frisée, et à la bonne consistance toute fraîche.
Voilà.
Sinon, pensées pour JvH en espérant que tout aille bien là-bas...
* Ca veut pas dire que j'en ai d'autres, hein.
Article classé dans :
cuisine
dimanche 23 octobre 2011
C'est comment d'être en maths sup ? (1)
Quand Docmam a raconté le quotidien de sa première année de médecine, ça m'a donné envie de raconter celui qui était le mien en maths sup - maths spé. Je n'ai malheureusement pas sa mémoire, mais je vais essayer.
J'étais en seconde et je venais de choisir de ne pas aller en L comme je l'avais toujours prévu mais en S quand j'ai appris l'existence de ces classes prépa. Par ma mère. Celle-ci ne voulait surtout pas que j'aille à la fac, vu le bazar que c'était. On m'a vaguement expliqué le principe, on m'a beaucoup beaucoup dit que c'était deux ans durs mais après c'était peinard*.
A l'époque, j'étais relativement sans opinion sur la question. A la maison comme au lycée, j'étais une élève/fille pas chiante avec des bonnes notes, et je ne pensais pas vraiment à remettre en question ce qu'on me disait. C'est donc un peu avec un haussement d'épaules que j'ai accepté la destinée qu'on voyait pour moi.
On m'avait même choisi le lycée. Un grand havre de prépas, scientifiques comme littéraires, dans le centre-ville d'Orléans. Où j'ai retrouvé d'autres camarades de classe de terminale, mais qui sont tous allés en Maths-Physique alors que j'étais en Physique-Chimie. Ma mère a joué auprès d'une mère de ses élèves, professeur dans ce lycée, pour que je sois dans "la bonne classe" des deux ; finalement elle nous a dit n'avoir rien eu à faire, le hasard m'y avait déjà mise, et ça n'aurait sûrement rien changé.
Je me rappelle de la rentrée en première année. Un préfabriqué surchauffé, censé être provisoire, toujours planté comme une verrue au milieu de la cour du lycée 5 ans après à l'heure où je vous parle. En contrepartie, un bâtiment de sciences tout neuf.
La salle comportait des rangées de 8 tables, divisées en deux par un couloir central
J'habitais chez une amie de la famille, dans le nord d'Orléans. Tous les jours je prenais le bus. Le 8 ou le 9, les deux faisaient le trajet en un temps équivalent.
Je me suis assise dans le fond de la salle en compagnie d'un mec avec qui j'avais sympathisé un peu avant. On s'entendra toujours, mais comme chaque année dans un nouvel endroit, c'est jamais les camarades du début qui deviendront mes proches.
Je me rappelle de cette fille, qui a demandé le silence pour se présenter, expliquer qu'elle était malvoyante et demander à ce qu'on en tienne compte : lui laisser les places devant, etc. Je me souviens que comme ça, cash, devant 36 inconnus avant que tout commence, j'avais trouvé ça super courageux. On est devenues amies assez vite.
Distribution des groupes de colles. Dans d'autres lycées on dit kholles, je sais, mais pas chez nous. Juste colles. Des interros orales, deux par semaine, par groupes de trois. Je suis avec deux gars complètement inconnus, dont l'un, D., deviendra un bon camarade. Il habitait Nantes, vraiment Trifouillis-les-Oies, et n'avait pas eu ses voeux d'avant plus proches de chez lui. Y a vraiment des classes trop bonnes au lycée Clémenceau.
Les semaines passent.
Les cours. Des heures entières, passées à gratter, à comprendre ou à paniquer de ne pas comprendre. J'ai réalisé à quel point la transe était prenante en contemplant le temps qu'il m'a fallu pour en émerger le jour où ma prof de maths est tombée dans les pommes. Heureusement que d'autres ont été plus rapides. Les cours d'anglais, où déjà bilingue je roupillais presque autant pendant les cours de grammaire que je majorais les devoirs. Les cours de français-philo, une farce, où tout le monde s'ennuyait, où le prof rendait l'oeuvre la plus passionnante soporifique (jamais réussi à finir Malebranche cette année-là... ni Proust d'ailleurs, déjà impossible en 1ère). Je roupillais tout court mais avais des notes honnêtes. L'allemand, optionnel, le mardi soir il me semble. Une traduction à faire par semaine, donnée sur un tit bout de feuille volante. Ca a entretenu mon allemand, sans m'apprendre grand-chose...
Les autres, où je suivais tant que je pouvais. La physique, où j'ai cartonné la première partie sur l'optique mais commencé à m'écrouler après pour ne plus me redresser. Les sciences de l'ingénieur, qu'heureusement j'allais arrêter en décembre pour la chimie à plein temps. La chimie justement, où j'ai découvert que vraiment, à vie, je serais nulle à chier en synthèse organique et en chimie quantique, mais que tout le reste m'intéressait. Les maths, où en général je réussissais bien, mais avec un peu de mal en analyse et des facilités en algèbre linéaire. C'était toujours ça de pris. L'informatique sur Maple de temps en temps, ça ça se passait pas mal du tout, j'aime bien la programmation et ma filière était peu exigeante.
L'assistante de mon amie malvoyante qui comprenait parfois mal ce qu'elle devait prendre en note, surtout si le prof écrivait au tableau comme une patate.
Les TP. Physique et chimie. J'avais parfois un peu de mal au labo, et l'écriture des rapports, c'était un peu comme on avait le temps, il faut le dire... On a bien dû avoir des TP de SI, mais je serais bien incapable de m'en souvenir...
Les TD, seulement quelques heures par semaine, passées à gratter en compagnie d'une feuille d'exercices le plus souvent. On était pas trop trop chauds pour passer au tableau, à part les boss...
Les colles aussi. Deux colles par semaine, une heure pièce. Y a un bâtiment spécial pour les colles au fond de la cour. Le bâtiment mystérieusement nommé HTK (sachant que par ailleurs on avait A, C, B qui avait été démoli, et S pour les sciences, je me demande toujours pourquoi HTK) et rebaptisé HTKC par les élèves** était spécialement dédié aux colles. Mais il était trop petit, on avait aussi des colles en salle de cours. Les créneaux de colle changeaient à chaque fois, mais une semaine on avait colle de physique et colle de chimie ou sciences de l'ingénieur, la suivante maths et anglais, et on recommence. Et il ne fallait surtout pas oublier nos sacro-saintes fiches de colle, avec le nom et un tableau géant, une colonne pour la date, une pour les sujets et une pour la note. Saintes Archives. A rendre au prof à la fin du trimestre. Je les rangeais toutes dans un lutin de 10 pages, en permanence dans mon sac.
En anglais, l'épreuve consistait à écouter un texte, le résumer et discuter du sujet. 20 minutes de préparation, 20 de passage. On passait les uns après les autres, chacun parlait pendant que le suivant préparait, on choisissait l'ordre à l'intérieur des groupes de colles. Si personne ne passait avant soi (le tout premier créneau de passage), on avait au lieu du support sonore un texte écrit, qu'on récupérait dans un casier et qu'on préparait à l'avance.
On nous avait aussi fait acheter un bouquin. Chaque fois on était interrogés sur le vocabulaire d'un chapitre et les verbes irréguliers.
Dans les autres matières, c'était toujours pareil. Le prof assis à son bureau, chaque élève debout avec sa craie devant son tableau. Dans les grandes salles avec deux grands tableaux, on tirait au sort qui aurait un tableau entier et qui une moitié. Question de cours et un exo. La joie quand tu maîtrisais le point, la détresse quand "pitain j'ai rien pigé", l'envie aussi face à un co-colleur qui a un sujet plus sympa. Parfois réciproque, l'envie. La désapprobation du prof quand quelqu'un avait oublié sa fiche. Le soulagement à la fin de l'heure.
La colle de français trimestrielle, aussi. Un texte à commenter et discuter à la lumière de ce qu'on étudiait. A une par trimestre, je m'en souviens à peine.
Les devoirs surveillés le samedi, de 8h30 à 11h30 dans la salle des devoirs. Trois classes. Chacun sa place. Moi au premier rang de la colonne 4, en face du bureau, dont de temps en temps quelqu'un escamotait la table (drôle). En alternance, maths, physique et chimie.
Les devoirs à la maison, ou DM, en alternance également, pas mal travaillés en groupe, mais jamais notés justement pour cette raison. Curieusement je me rappelle bien de ceux de maths mais pas des autres...
Le TIPE, projet personnel le jeudi après-midi, où on bossait sur l'encre effaçable avec deux amis. On a fait de notre mieux, mais ce n'était pas extraordinaire...
La vie perso par là-dessus, que j'essayais de maintenir. Mon meilleur pote, lui aussi en prépa au sud de ma ville, avec qui on buvait un café quand on pouvait. Le petit ami helvète que j'ai adoré, mais qui m'a quittée en avril et m'a causé une dépression monstre et quelques bêtises. Ma communauté Internet chérie qu'un serpent et l'abus d'autorité des admins a démolie. Et les nouveaux amis que je me faisais. C. et L., D. et F., J. et G. Les heures qu'on passait dans une salle de cours vide à réviser, le temps passé dans la queue au self-service, les samedis chacun dans son train, pour moi TER de 12h02 à destination de Tours avec D. et F. Arrivée vers 13h à la maison... et sieste l'après-midi le plus souvent. Retour le dimanche en fin d'après-midi, vers 18h30.
Les petits événements dont on se souvient, aussi.
Les soirées passées à faire des DM et courir après le dernier bus.
Mon coup au coeur quand j'ai vu le mec qui me plaisait tellement quand j'étais au lycée tranquillement assis à la même table que mes compagnons de TIPE au CDI. J'ai senti l'ado de 15 ans revenir d'un coup par-dessus celle de 18.
C. dont le TIPE était un projet sur un machin magnétique qui défiait la gravité. J'ai oublié le nom de la chose mais pas le jour où elle m'est foncée dedans dans un coin du bâtiment des sciences, hurlant de joie avec son truc qui marchait pour la première fois, alors qu'elle courait pour récupérer mon APN. C. toujours qui présente son projet de façon complètement fofolle en soutenance, j'essayais vainement de contenir un fou rire au fond de la salle.
Le matin de février à la cafet devant un café où, alors que je m'apprêtais à annoncer à C. que j'avais un amoureux, elle a réussi à sortir "nan mais je rêve, Machine a un mec, pourquoi c'est toujours les cons qui arrivent à se maquer ?"
Le matin de la journée portes ouvertes où je suis arrivée en retard pour cause d'employé de la gare pas capable de donner rapidement des billets de train pour la Suisse (TGV Est n'existait pas encore à l'époque)... Même avec la 12-25 j'en ai eu pour une fortune...
Ma réaction devant le délégué qui m'annonce que je suis 4e de la classe en moyenne générale : rigoler, avant de comprendre que c'est vrai...
Ce mauvais jour de juin où, massacrée par ma rupture, j'ai accepté un RDV avec un mec que je connaissais à peine. Il apparaît (étrangement ^^) qu'assister au même accident de voiture ne suffit pas à faire de deux inconnus un couple solide.
L'unique soir où j'ai vu la bande de mecs sans voix. Pendant la période où on avait des cours de mécanique du solide avec des centres de gravité dits "points G", alors qu'on discutait un de nos soirs de DM, inévitablement, le mec qu'est D. s'est moqué des phrases à double sens involontaire de cette prof. Jusqu'à ce que l'innocente du paquet demande
"Mais c'est censé faire référence à quoi d'autre le point G ?"
......................
A dix-neuf ans passés, ça nous a quand même un peu surpris, j'avoue.
(Conclusion : "Bon ben Seer, t'es la seule autre fille, c'est toi qui expliques..."... Ben tiens.)
La surprise générale en juin lorsque, malgré un top 5 de la classe, je n'ai pas été prise en classe étoile, censée rassembler les meilleurs élèves.
Ma demande à la fin, au lieu d'habiter en ville, de rejoindre l'internat et me mettre en co-chambre avec ma fofolle de meilleure amie.
Et en deuxième année, on reprend tout...
* Je me marre bien quand j'y repense. Aujourd'hui je bosse bien davantage. La seule différence, c'est que la raison est bien meilleure que la réussite à une série de concours.
** La par contre c'était facile à comprendre. "Ah, je t'ai cassé", on retrouve bien l'esprit des colles.
jeudi 29 septembre 2011
Moment linguistique
La semaine dernière, j'avais eu une journée de boulot super pourrie. Manqué mon train à l'aller (ça n'arrive jamais), re-manqué au retour (bus en retard, beaucoup plus fréquent) et pris plein la gueule au milieu. C'est donc de mauvais poil que je suis montée dans l'Ortenau S-Bahn (ce train régional entre Offenburg et Strasbourg, cette ligne constituant la seule possibilité d'avoir un abonnement transfrontalier) pour rentrer à la maison.
Depuis deux ou trois semaines je bosse ma méthode d'italien pour essayer de ne pas tout oublier de cette langue, et je l'avais donc ouverte dans le train. J'ai vaguement remarqué les deux dames montées plus tard, assises en face de moi.
Jusqu'à ce qu'une des deux me demande si j'étais italienne... en espagnol.
J'avoue que sur le coup, j'ai été tellement déboussolée que je n'ai pas compris en quelle langue répondre. En espagnol certes, ça paraît évident, mais quand on baragouine à peine quelques mots, moins déjà. Et entre l'allemand parlé toute la journée, l'italien et le français dans le lire... j'ai répondu tout à fait par réflexe en français, avant de me reprendre en espagnol (pas encore trop compliqué à dire...)
A suivi une conversation tout à fait amusante.
De ma vie, jamais je n'ai parlé un tel sabir.
A moitié en anglais, à moitié dans mon quasi-inexistant espagnol, avec pas mal de mots allemands qui sont sortis tout seuls et un rien d'autre chose luso-franco-italien. Même pour expliquer que j'étais française travaillant en Allemagne, le verbe travailler j'ai réussi à le sortir en portugais. Et je me rappelle avoir utilisé questo (italien donc) parce que les démonstratifs espagnols ne me revenaient pas (esto, eso et aquel, OK mais trop tard : et pour les utiliser à bon escient, quand tu sais même pas utiliser ser et estar... avec un peu de chance ça ressemble aux hoc/iste/ille latin peut-être ?)
Ces deux dames étaient donc des touristes en Alsace/Bade-Wurtemberg, et j'ai donc un peu parlé du coin comme je pouvais. En échange elles m'ont un peu parlé de l'Espagne, et notamment de Séville. Vraiment penser à prévoir un voyage un jour.*
Sympathique moment linguistique décidément.
It saved the day.
*Mais clairement pas cette année vu que le Crous m'a fait une vacherie et diminue ma bourse des trois quarts.
dimanche 18 septembre 2011
Les réalités si difficiles à voir...
Ca fait trois fois en dix jours que le même blog me retourne les tripes.
Mais je partage parce qu'il faut juste... ouvrir les yeux parfois.
Mais je partage parce qu'il faut juste... ouvrir les yeux parfois.
Inscription à :
Articles (Atom)