mardi 19 octobre 2010

Einige Wörter

J'aurais même dû dire viele Wörter, car j'en ai beaucoup à dire :

- Si j'avais encore l'heur de croire que certain journal dont le nom commence par Fig et finit par (h)aro était encore un journal digne de ce nom, me voilà cruellement détrompée.

- J'adore quand quelqu'un de ma connaissance pas français parle des mouvements sociaux actuels, et de la révolte face à la réforme des retraites. Et pas en bien. Ca pourrait être une belle occasion de débattre, mais ça a vite tourné court, et je me suis pas sentie trop écoutée quand je dis que ce qui m'embête c'est moins le report de l'âge légal que tout ce qu'il y a à côté, comme ça, ça, ça ou même ça*...

- Je trouve cet article très modéré par rapport à ce qu'il raconte. Personnellement, sans aucun doute, j'aurais été beaucoup plus virulente. Voyons le passage le plus important : "Les chiffres d'abord: 91,4% des diplômés de master (à bac plus cinq) ont un emploi trente mois après leur diplôme." Et pour Pécresse c'est un bon résultat ? Presque 10% des Bac+5 au chômage deux ans et demi après avoir obtenu leur diplôme ? On n'a pas les mêmes standards. Et elle doit pas savoir la galère que c'est, deux ans et demi de chômage quand t'as pas cotisé avant. Sans compter que l'article - et l'étude aussi, qui se contente de comparer les universités, moi qui attendais plus développé que l'article, quelle déception quand j'ai ouvert la page - reste absolument muette sur les salaires, la proportion d'emplois stables (CDI), ou celle d'étudiants qui trouvent un emploi pour lequel leurs études ont servi à quelque chose (combien des 86% des diplômés en lettres et sciences sociales qui ont trouvé un emploi bossent en caisse chez Leclerc ou Quick ?). Consternant.

- J'ai acheté le dossier du Monde sur le Brésil la semaine dernière. Intéressant, mais comporte notamment (= je ne l'ai pas encore fini) une intéressante contradiction en l'espace de quelques pages. Page 8, les citations de Lula, notamment celle-là "Quand on arrive ici, à Windhoek, on n'a pas l'impression d'être dans un pays africain. Peu de villes au monde sont aussi propres, avec une architecture aussi belle", et page 19 intitulée "Quand Lula commet bourdes et bévues" : "Six ans plus tôt, arrivant en voyage officiel à Windhoek, il s'était dit surpris que "la Namibie ne ressemble pas à un pays africain", ajoutant à propos de sa capitale : "Peu de villes dans le monde sont aussi propres et belles". Je pars du principe que Lula n'a pas décliné cette phrase deux fois, je ne pense pas faire erreur. Sans même prendre en compte la non-fidélité des citations sur les deux pages (ça serait pourtant la moindre des choses), si on fait un peu gaffe à la sémantique, j'ai quand même l'impression que la première laisse un doute sur le fait que la supposée saleté de l'Afrique puisse n'être qu'un préjugé, alors que la seconde ne laisse pas du tout ce doute. Je ne sais pas en quelle langue Lula a prononcé ce discours, en anglais, en portugais ? En tout cas je n'ai pas réussi, encore, à retrouver la citation originale, et vu que je n'ai jamais entendu parler en Europe du buzz que ça aurait - j'insiste sur le conditionnel - provoqué, je ne saurais imaginer quelle est la bonne version. J'ai juste trouvé ça (en portugais), mais ça ne me paraît pas certain vu l'absence de guillemets, je vais donc continuer à chercher.

- Maître Eolas demande de faire passer le mot alors je le fais passer à mon bien plus mince lectorat. Contexte, pour résumer, mais c'est développé dans l'article : la France venant d'être condamnée par la Cour Européenne des Droits de l'Homme sur la question des gardes à vue, la législation étant non conforme. Bref, la Chancellerie, au lieu de mettre tout ça en conformité, imagine un nouveau régime, une parfaite zone de non-droit joliment nommée "audition libre". En gros, c'est l'interrogatoire comme en garde à vue, sauf que t'es pas enfermé certes, mais aussi qu'on ne te précise pas tes droits, qu'on ne te précise ni de quelle affaire il s'agit ni que "tout ce que vous direz pourra être retenu contre vous", i.e. tu mènes la conversation complètement à l'aveugle, seul et sans défense.
Conclusion du maître :
"Alors si cette cochonnerie de projet de loi devait passer, retenez d’ores et déjà ce principe, et faites passer le mot : libre audition, piège à con. Si des policiers vous proposent une audition libre, acceptez, puis dites que vous décidez librement de ne faire aucune déclaration et de ne répondre à aucune question, et que vous allez partir librement, après leur avoir librement souhaité une bonne fin de journée. Si les policiers vous menacent alors de vous placer en garde à vue, vous saurez que cette proposition d’audition libre n’avait pour seul objet que de vous priver de vos droits. Vous voilà en mesure de les exercer. Vous les avez bien eus. Pas un mot sans un avocat à vos côtés."
Ma conclusion à moi, c'est qu'au vu des propos plus tôt dans l'article, "Dans un pays respectueux du droit en général, ou professant une faiblesse pour les droits de l’homme, le pouvoir législatif se ferait un devoir de voter promptement une loi nous mettant en conformité avec ces principes. C’est par exemple ce qu’a fait la Turquie, et avant même d’être condamnée par les arrêts Salduz et Dayanan. Dès que les autorités turques ont compris, elles se sont mises en conformité en 2005 (les arrêts sont tombés fin 2008). En France, on fera à la française. C’est à dire qu’on fera voter une loi qui tentera de contourner cette décision. Les droits de l’homme sont chez nous trop précieux pour fréquenter les commissariats sales et vétustes." on n'est pas super bien placés pour donner des leçons à la Turquie en vue d'une intégration dans l'UE...
C'est très résumé, et l'article original est bien plus intéressant, il fait même sourire parfois, ce qui sur ce genre d'exaction est un exploit. Les commentaires aussi sont intéressants, surtout ceux concernant le fait que n'avoir rien à se reprocher ne signifie pas que tout ce qu'on peut dire dans ce genre d'interrogatoire est sans danger (94 à 97, 108, 119 à 121, 131), ainsi que les abus dont témoigne le commentaire 75 notamment.

- Faudrait vraiment que je retrouve un certain bouquin pour vous en parler, mais ça devra attendre genre une grosse semaine...

*La présence d'une entreprise sur le territoire compte visiblement plus que le droit du travail des salariés dudit territoire pour certains politiciens. Tu m'étonnes que certains patrons se croient tout permis après.


mercredi 13 octobre 2010

Eifersucht ?

Après deux ans, je sais toujours pas si je sors avec un vrai jaloux ou un soi-disant jaloux pour emmerder le monde en général et moi en particulier. Ca doit être comme toutes les vérités, quelque part entre les deux extrêmes. Et vu que j'ai des amis au masculin, on peut avoir je dirais pas au quotidien mais au moins à l'hebdomadaire des discussions comme celle-ci (sur Skype dans ce cas) :

[22:42:53] Seer: mais je pourrais dire aussi que je veux aller voir Wir Sind Helden à Berne ou à Zurich
[22:44:17] Tryskel: qui t'attend à berne ?
[22:44:54] Seer: personne, pourquoi ?
[22:45:08] Seer: ni à Zurich d'ailleurs :P
[22:45:08] Tryskel: ben, je sais que tu as une nouvelle conquête à zurich...
[22:45:24] Seer: ... crétin, c'est confirmé
[22:45:54] Tryskel: ta relation avec lui qui est confirmée ?
[22:46:42] Seer: non, chéri, il est confirmé que tu es un crétin auprès de l'ISMJ
[22:46:50] Tryskel: :D
[22:47:33] Tryskel: ... traduction ?
[22:47:52] Seer: Instances Supérieures de Mon Jugement :D
[22:48:09] Seer: (t'as mis un moment à demander quand même, t'as cherché sur Google ?)
[22:48:20] Tryskel: ...$
[22:48:47] Tryskel: les liens les plus nombreux, c'était International SportsMed Journal

Non, je ne mène pas une double vie, j'ai juste un correspondant zurichois qui m'aide à apprendre l'allemand pendant que je l'aide à apprendre le français. Je ne l'ai même jamais rencontré.
Fatigant, parfois. Tellement qu'il m'arrive d'avoir envie de flirter avec un mec juste pour le faire enrager euh lui faire plaisir.
A bon entendeur...

lundi 11 octobre 2010

Comment les rendre fous à la CAF

Facile.
Installer un couple en concubinage dans un appart pendant un an.
Envoyer la fille à l'étranger (en atomisant son dossier au passage, sûrement), et le mec dans un nouvel appart où il demande donc une nouvelle alloc.

Déjà là le dossier a coincé, parce que la CAF a fusionné les deux dossiers pour en faire un seul de deux concubins, et aujourd'hui faut encore les séparer.

L'année d'après (si tout va bien), je reviens de l'étranger (on verra si j'ai disparu des fichiers), on revient en concubinage, et on recommence le binz.

Là normalement on en envoie un ou deux à l'asile.

samedi 9 octobre 2010

Widersprüchlich

Je voudrais faire un parallèle.

Entre un point 1, une ligne de conduite :
"Je mène une réforme pour faire des économies budgétaires, je clame que je me fous pas mal de ce que la population bruyante dans la rue en pense vu qu'il faut absolument l'amener à son terme pour la santé financière du pays"
Et un point 2 qui se présente sous la forme d'une action :
"J'achète une pleine page de pub dans un journal gratuit national pour convaincre la population que la réforme est juste"

Ah ? Ca va pas ensemble ? Tant sur le plan de l'argent que sur celui du "je m'en fous" ?

Comme c'est étrange.

Le point 1, c'est donc la ligne de conduite du gouvernement français face à la réforme des retraites. On la connaît tous, je ne m'étends pas dessus.

Le point 2, c'est la page entière officiellement estampillée publicité d'hier que j'ai eu l'occasion de trouver dans le 20 Minutes (français, pas suisse-allemand) abandonné dans le train par un précédent passager. La publicité provenait donc du gouvernement, et était censée expliquer pourquoi la réforme était juste, via deux exemples très peu développés. Le premier, censé vanter la prise en compte de la pénibilité, m'a surtout fait penser qu'elle était bien moins prise en compte qu'avant la réforme, et le second concernait les parents d'enfants lourdement handicapés (loin de moi l'idée de mépriser leurs difficultés, mais on se gardera bien de parler des parents d'enfants tout court qui se retrouvent dans l'obligation de prendre des congés parentaux faute de crèches et qui se voient dans l'impossibilité d'accumuler des trimestres pendant un certain temps).

Ah, ça se voit que sur moi la pub est contreproductive, et que j'ai vraiment l'impression qu'on m'a prise pour une abrutie ? No kidding !

Mais en dehors de toute considération de justice ou pas justice, une bonne économie se doit d'être coûteuse, c'est bien connu.
(C'est qui qui a dit ça déjà ?)

J'ai bêtement laissé le journal dans le train, mais celui de lundi a des chances de contenir encore cette pub avant la mobilisation de mardi... En tout cas si je parviens à la récupérer j'en mettrai ici une copie.


EDIT du 11/10 : je ne suis pas la seule que ça gêne, on dirait... (mais c'est pas cette pub que j'avais vue)

samedi 25 septembre 2010

So kleine Katze...

Hier soir, en rentrant chez mon chéri, une petite surprise nous attendait dans ce qu'il appelle (pompeusement, je trouve) le rez-de-jardin, en vérité un minuscule bout de fausse terrasse envahie par l'herbe et les ronces devant son appartement au RDC.

Un minuscule chaton (environ deux semaines d'âge) juste devant la baie, qui nous regardait en ouvrant sa toute petite gueule pour réclamer à manger, tout tremblant de peur devant les deux grands gugusses qui le regardaient. Et surtout tout seul. Pas de maman à l'horizon.

(Les deux photos sont de mon chéri, j'ai bêtement oublié mon appareil)

Vu qu'on savait pas trop quoi faire de ce pauvre petit bout terrorisé peut-être abandonné, on a appelé la clinique vétérinaire du coin qui nous a conseillé de lui fournir une vieille couverture (le fond bleu de la photo, donc), et d'attendre l'éventuel retour de la mère. Si pas de mère avant le matin, amener le petit à la clinique pour lui fournir du lait maternisé.

Finalement, le petit est allé sur la couverture dès qu'on s'est retournés, et maman est revenue. Elle est très craintive, et on ne sait pas si elle est sauvage (pas de collier, mais elle a l'air en très bonne santé pour un vrai chat de gouttière, et pour voir si elle a un tatouage, bonjour).

On a même droit au probable papa dans le jardin, admirez :

Avec la toute petite boule de poils au milieu des deux...

Là ils dorment, tous les trois. Comme ils sont mignons.

jeudi 16 septembre 2010

EN, une histoire de rancune

Haha.

Sujet douloureux abordé par Camichka sous la note précédente, l'Education Nationale. Hors sujet de mon post un peu, parce que bon y a pas que sous ce gouvernement que c'est devenu la foire. Ca a commencé bien avant.

Je voue une grande rancune à l'EN. Je trouve que c'est une usine à gaz dont on s'amuse à enlever depuis vingt ans ce qui marche le mieux. C'est le ressenti que j'en ai, et la seule idée de rechercher de la documentation partout pour argumenter le point précis qui ne va pas me donne un début de migraine. Sans compter qu'un texte avec des vrais bouts de vie dedans c'est mieux, on va dire que c'est une pierre à l'édifice pour l'instant imaginaire du ressenti des vrais gens du vrai peuple, ceux qui sont pas confinés dans leur bureau.

Le poste de ma mère, partie à la retraite cette année, n'est pas remplacé. Dans un collège de quelque 300 élèves, on passe, si j'ai bien compris, à un poste à temps plein, un à temps partiel et un vacataire pour combler les trous. Ca va être beau.

Mon copain a été enseignant-documentaliste, un poste qui depuis les années qu'il existe n'a jamais été, du moins à ma connaissance, très clairement défini dans ses fonctions. En ce qui me concerne j'ai jamais compris, durant mes sept ans de secondaire, la teneur "enseignant" du titre de la fonction. Pardon chéri. Parce qu'il n'avait pas la science infuse de la gestion de classes et de la préparation de séances, et que la formation à l'IUFM là-dessus est pour ainsi dire inexistante, il s'est fait lourder après l'année de stage. Bah tiens. C'est si facile.

Je vois le Chéwi d'Angel, qui a gagné du boulot supplémentaire pour zéro avantage en contrepartie, je sais bien que l'école n'est pas une entreprise mais je croyais que tout travail mérite salaire, on dirait que non. Je vois Ingliche Titcheur qui essaie de prendre sa rentrée avec beaucoup d'humour, et le mois gratuit qu'elle va bientôt donner à son sacerdoce avec la future peut-être rentrée au 20 août pour rappelons-le 10 mois de salaire ventilés sur douze.

En réfléchissant, je ferais bien un bilan de mes années collège-lycée, pour voir. Matière par matière, pour qu'on voie ce que ça m'a apporté.
On va quand même partir du postulat de base qu'au moins à l'époque, je faisais partie de ces premiers de classe qui se débrouillaient presque partout. Sauf en sport, évidemment. J'ai donc gentiment été en cours de :

- Français : avec son programme multicéphale grammaire/orthographe/compréhension de texte, dont les deux premières têtes avaient tendance à disparaître avec l'arrivée au lycée. En gros, les deux premières parties j'écoutais que d'une oreille parce que je maîtrisais ça depuis la primaire. J'ai un certain nombre de souvenirs assez précis, comme le prof de sixième qui m'a serré la main parce que j'avais reconnu une "interjection" dans un texte, la prof de seconde à mon utilisation du mot "sibyllin" pour décrire je sais plus quoi et qui m'a demandé de le définir pour la classe, ou un certain contrôle en 3e de révision sur le passé composé (oui, en 3e...), auquel j'avais eu un sans-faute en me faisant chier et roupillant à moitié toute la semaine de cours précédente. En ce qui concerne l'étude de texte, au collège je trouvais ça plutôt intéressant pour les procédés basiques, au lycée j'ai déjà exprimé ce que j'en pensais dans cette note.

- Mathématiques : un des cours où j'ai sans doute le plus appris, et le mieux retenu. En 6e et en 5e, on avait un certain nombre d'objectifs* à remplir. Au moins tu savais ce qui allait pas... C'était très méthodique, très organisé comme le sont souvent les profs de maths et comme tous devraient l'être à mon avis. Efficace, du moins pour moi. Mais j'ai l'impression que beaucoup trop de gens se contraignent à suivre cette matière à laquelle ils ne comprennent pas forcément tout, orientation** oblige.

- Latin : 6 ans. De cinquième à terminale. Intéressant pour la culture et les bases linguistiques que ça apporte, mais y a quand même un gros bémol. Suite à la désertion de cette option au bout de quelques années, ces messieurs dans les bureaux ont imaginé de rendre l'épreuve de bac facile*** et de revaloriser le coefficient par rapport aux autres options facultatives (coefficient 3 au lieu de 2). Une épreuve plus simple pour plus de points, ouééé, c'est bien ! Sauf que au final tu passes trois heures par semaine pendant deux ans à étudier et traduire les uns après les autres des textes sans aucun doute très intéressants, mais dont aujourd'hui j'ai pas retenu grand-chose, et certainement ces deux années ne m'ont rien apporté concernant la langue latine, et à peine plus en culture gé (4 ans après le bac, vous retenez quoi de textes à la chaîne vous ?). Je considère aujourd'hui que j'aurais pu passer ces deux années en italien (j'ai dû choisir en entrant en première, ce qui m'est toujours resté en travers de la gorge étant donné que les deux options étaient dans la même classe de 1e S et les cours pas en même temps, à cause des L qui suivaient les mêmes cours et eux pouvaient cumuler !) et en savoir sensiblement plus qu'aujourd'hui...
- Grec ancien : un an. L'année de 3e, ça ne commençait pas plus tôt et ça n'était pas proposé dans le lycée de secteur. Une heure par semaine pendant un an, résultat pour l'essentiel, aujourd'hui, le grec je sais juste le lire (l'alphabet s'entend, je comprends pas ce que ça veut dire quand je lis).

- LV1 Anglais : j'ai commencé en 6e, n'ayant pas eu de cours en primaire. J'ai eu des profs très irréguliers, mais dans l'ensemble assez bons. J'ai jamais adoré le contenu des cours, et ai essentiellement appris l'anglais en lisant des bouquins dans cette langue, en regardant des films en VO et tout ce que je détaille ici. Les cours ne m'ont guère apporté, pour cause de classes pas faites selon le niveau des élèves****... Allez voir ce que Titch dit sur l'égalitarisme, en passant... A mon sens, les cours de langues c'est vraiment pour acquérir les bases, et après faut se débrouiller, il faut que ça devienne de la vraie conversation, en tout cas pour moi ça peut pas marcher autrement.

- LV2 Allemand : j'ai commencé en 4e comme en anglais en 6e, comme une élève douée. J'ai cependant perdu tous mes repères la troisième année : j'ai eu pendant deux ans un prof catastrophique... J'ai aujourd'hui des bases solides, mais manque de vocabulaire, et les sources germanophones ne sont pas aussi faciles à trouver que les anglophones, du coup c'est beaucoup moins évident... Bref, l'Allemand est aujourd'hui lu correctement, écrit avec un peu de fantaisie, mal entendu et carrément baragouiné à l'oral.

- LV3 Italien : 1 minuscule année en seconde. Dû arrêter après, pour les raisons latinistes mentionnées plus haut. Autant dire que mes bases sont fragiles et mon italien "proprio buffo" en VO. J'essaie d'apprendre pourtant... J'aurais aimé pouvoir continuer.

- Philo : alors là, des cours intéressants, mais une épreuve finale à mon sens absolument ridicule. Une réflexion approfondie en 4h sur un sujet à décortiquer ou un document ? Réflexion express à mon avis, et ridicule, on n'a jamais imposé aux écrivains, aux chercheurs, de faire des dissertations et des bouquins en si peu de temps, sans le moindre document pour les aider et élargir leur esprit...

- Histoire-Géo : m'a fourni en sept ans un certain nombre de repères essentiels chronologiques pour l'essentiel.

- Physique-Chimie : rien appris au collège que je ne savais déjà via les livres. Peu intéressant ! Y a qu'en seconde que j'ai compris que ça me plaisait et que je finirais là-dedans. J'ai tout retenu de la chimie, bien obligée, et oublié sans doute une bonne partie de la physique... Voilà qui rendrait un potentiel Capes un peu douloureux, si je l'avais passé (ça n'arrivera pas, je refuse d'être l'employée d'une institution que je désapprouve autant).

- Technologie : m'a servi à rien de rien. Si : une brûlure sur la main gauche lorsqu'un couillon a joué avec le fer à souder. C'est pas comme ça que j'ai appris à utiliser un ordinateur, Word ou Excel. Encore moins le Net.

Voilà, c'est à peu près tout ce que je vois d'important. Musique et arts plastiques m'ont juste permis de découvrir mon goût pour la première et mon imperméabilité face aux seconds, mais ça dépend bien plus des gens que de l'enseignement.

Certes, c'est mon ressenti à moi. Mais ça montre tout de même que même pour les bons élèves, tout n'est pas parfait. Et certaines améliorations seraient simples, comme les groupes de niveau en langues, mais tu dis ça pour des lycéens on te regarde comme un caca sous la chaussure, apparemment. Le but n'est pas de créer des ghettos, mais d'éviter aux élèves des décalages intra-classe, peut-être... Pas si simple, finalement, mais sûrement pas insoluble !

Je pourrais aussi parler de mon expérience de prof particulier, de maths le plus souvent. Je pourrais parler des élèves qui, à cause de la politique du passage à tout prix, se retrouvent en première avec des profs particuliers, genre moi, qui se retrouvent à corriger des graves lacunes du programme de quatrième. Je suis désolée, ça me pose un problème un élève de première S qui comprend pas la notion de vecteur ou ne sait pas réduire une fraction. Mes excuses aux non-matheux qui me lisent.

J'oublie sûrement plein de chose, j'éditerai sûrement ce post par la suite, et je conclurai donc par des questions :
- vous avez l'impression d'en avoir tiré quoi, vous, de ces années ?
- et vos enfants, si vous en avez ?
- qu'est-ce qu'il faudrait changer à votre avis ?

Courage, Camichka. J'espère que ces premiers jours dans la fosse aux lions se passent bien.

*Je sais pas ce qui s'est passé avec cette méthode des objectifs en pédagogie, c'est un des trucs les plus efficaces que j'ai vus et pourtant c'est bizarrement disparu chez les jeunes profs... Effet de mode sans doute ? Un cours avec objectifs, une évaluation suivie de l'acquisition suivie d'un soutien si nécessaire, ça pourrait aider comme formule peut-être, mais c'est pas dans l'air du temps non plus...

** Qui a déjà trouvé utiles les conseils d'un conseiller d'orientation, en passant ? Le mien, en 3e, m'a imaginée bibliothécaire. Bravo, je suis chimiste. Il serait quand même pas inutile de souligner en terminale l'importance du choix post-bac et l'intérêt du projet professionnel, mais non, les profs voient que le bac justement. Rajoute par là-dessus un dénigrement systématique des filières pro par les profs (un peu comme le dénigrement des médecins généralistes que Gélule décrit dans cette note de son très bon blog) et tu te retrouves avec des terminales S qui savent pas quoi faire, se lancent dans un cursus histoire, archéologie ou psycho, loupent les concours de fonctionnaires et trouvent pas d'emploi, et peuvent pas reprendre leurs études car le Crous interdit la réorientation. Ben ouais, mesdames et messieurs, elles sont finies les Trente Glorieuses, le temps n'est plus où on trouve un emploi simplement en faisant des études, et le CAP serrurier trouve du boulot bien plus facilement que le Master de psycho. Je ne pense à personne, suivez mon regard.

*** En gros elle consiste à apprendre par coeur des versions et des plans de commentaires d'un certain nombre de textes, à l'épreuve (orale) le prof t'en choisit un avec un bout à traduire et tu recraches. J'ai eu 19 à ce bachotage, c'est pas pour autant que je parle latin, et j'ai beaucoup oublié...

**** Il n'y a qu'en école d'ingé où j'ai eu des groupes de niveau en anglais que j'ai recommencé à m'intéresser vraiment au contenu des cours, dépourvus des points de grammaire basiques que je connaissais déjà, et où je dormais en classe...

dimanche 29 août 2010

Fools, said I, you do not know...

Je suis tellement affreusement dégoûtée de toutes ces saloperies qui peuvent se faire dans mon pays que je commence à me demander si je ne vais pas chercher tout de suite des horizons plus accueillants que la soi-disant patrie des Droits de l'Homme.

Je voudrais juste qu'on n'oublie pas ce que notre président actuel est capable de dire et de faire pour faire de la politique et chercher des voix des voix des voix.

Oublions le bilan désastreux*, les projets hors de propos, le mépris évident pour le petit peuple qui grouille en bas tout en bas. Etait-il vraiment urgent de défiscaliser les heures sup' au moment où le chômage explosait, d'éliminer la taxe professionnelle et d'en faire peser le remplacement sur les contribuables, de faire bosser les actifs plus longtemps alors que 10% de chômeurs cherchent désespérément, eux, à bosser ? Oublions également que ce type est capable de dire n'importe quoi lors de ses discours (y a vraiment des gens capables de croire que des Français paient 100% d'impôt ? Ils s'interrogent pas sur l'absurdité de la chose ?)

Oublions tout ça, sa crasse ignorance de la loi existante (le comble pour un avocat !), et concentrons-nous sur le simple mépris de ce type pour les droits fondamentaux.

Ce type contre qui la Ligue des Droits de l'Homme a appelé à voter en 2007,
ce type qui a dit lui-même au moment de l'éviction d'Yves Jégo de l'Outre-Mer qu'on ne l'avait pas mis là parce qu'il y connaissait quelque chose, mais parce qu'il fallait bien le mettre quelque part (on voit comment il choisit son gouvernement, déjà),
ce type qui se permet d'intervenir à propos du rachat d'un certain journal en menaçant de fermer le robinet des aides de l'Etat si le "bon" acheteur n'est pas choisi,
ce type dont le gouvernement arrive à proposer sans rougir que les parents paient pénalement le comportement de leurs enfants (bizarre comme même le sondage super orienté Figaro-Ifop n'arrive pas à vraiment plébisciter cette mesure-là, ben oui, là on n'est plus sûr que le méchant c'est toujours l'autre, et puis c'est vrai, socialement c'est excellent, deux ans de taule pour les parents vont bien les aider avec les gamins),
ce type qui, pour dissimuler aux yeux de l'opinion les frasques financières de son parti, recourt à une véritable agression, je ne vois pas d'autre mot, du pouvoir en place face aux Roms (alors que beaucoup de communes ne respectent pas les lois sur les aires d'accueil des gens du voyage, mais ça on s'en fout), agression et stigmatisation qui indignent de concert l'ONU, le pape et la communauté internationale...

comment ce type peut encore récolter ne serait-ce que 34% d'opinions favorables ? Il paraît que c'est très mauvais, moi ça me paraît juste... incompréhensible que ça puisse être autant.

*Exemple d'une gestion de compétition : discussion rapportée par Le Canard Enchaîné, il y a déjà un moment, le ministre du budget qui se vante d'avoir économisé 3 milliards sur un an avec la suppression de 100 000 postes de fonctionnaires, notamment des profs, et un député socialiste qui lui répond que la réforme sur la TVA de la restauration a coûté exactement cette somme et créé 6 000 emplois, donc, conclut-il, une perte sèche de 94 000 emplois pour pas un kopeck en plus dans les caisses de l'Etat.

Je sais bien que tout ça est très incomplet et peu documenté, disons que c'est sous le coup de la colère... Pour les détails je vous suggère Sarkofrance ou les autres blogs "vigilants", comme ils se qualifient, ou encore Maître Eolas qui a bien du grain à moudre ces temps-ci.