samedi 18 juin 2011

Analyse de documents scientifiques

ADS pour les intimes.

En prépa scientifique, c'est (c'était en 2008, je suppose que c'est toujours) une épreuve orale de concours, couplée à et passée en même temps que cette bizarrerie académique qu'on appelle le TIPE*. Contrairement à ce dernier, c'était clair.

En très gros parce que j'ai oublié les détails : présenter en 10-15 mn une synthèse d'une série de documents étudiés pendant 2h45 (je crois) à l'aide de transparents (oui oui, des transparents, déprimant de ringarditude);

En première année (sup, comme on dit), on nous a donné des conseils pour passer cette ADS. Faites ça ça ça c'est ce que le jury attend. On a tous eu à en préparer une en conditions réelles, et deux ou trois personnes sont passées au tableau. Entraînement minimal. Honnêtement, aujourd'hui, j'ai totalement oublié les consignes de cette épreuve.

En deuxième année (spé), l'année des concours, on change. Quatre créneaux par semaine, on s'inscrit tous pour passer au moins une fois sur un an.

Première séance. Les 4 premiers passent, je revois avec eux les points de mes fiches de méthodo scrupuleusement suivie. Verdict du jury (nos profs de deuxième année**) :

- Vous êtes complètement à côté de la plaque. Si vous faites ça au concours vous allez vraiment vous faire descendre.***

...
OK.

C'est une de mes petites fiertés de cette période pas facile qu'est la prépa, je l'avoue, d'être celle qui a osé l'ouvrir pour dire franchement au prof de physique qui terrorisait tout le monde que les 4 qui sont passés ont vraiment suivi les conseils des profs de première année et que c'était vraiment pas leur faute s'ils étaient à côté de la plaque. Brouhaha approbateur derrière.

Le plus inquiétant, c'est que j'étais visiblement la première à le dire depuis quelques années.

J'espère que ça aura au moins servi aux profs à se mettre d'accord, et surtout je me souviens que pour le concours ça m'avait franchement inquiétée, ces épreuves mal conçues où la réussite dépend moins de tes capacités que de la conception de l'épreuve par ton jury.

Au final j'ai eu tout juste la moyenne avec le TIPE.

Et récemment j'ai lu cet article du Monde sur les concours qui m'a bien fait marrer...

Déjà l'article, pour commencer, qui titre "Concours des grandes écoles", en général donc, mais qui ne parle que des épreuves, des résultats, etc. d'écoles de commerce. J'ai pas reconnu grand-chose pour les écoles d'ingénieur. Pas terrible comme début.
En école d'ingé y a pas d'épreuve de culture générale, déjà, mais une épreuve de français/philo portant sur le programme de l'année. Bon là, moins discriminant tu meurs, tout le monde a suivi les mêmes cours. Encore que... ? Tous les profs, vu que c'est pas super encadré, font parfois un peu ce qu'ils veulent... Je suis certaine d'avoir ainsi beaucoup moins étudié le bouquin de Kant que la plupart de mes concurrents parce que mon ancien prof était moins organisé que mon chat, c'est dire.

Parlons un peu langues vivantes :
Sur ce point, Valérie Pécresse estimait dans un entretien à L’Express qu’il n’était « pas besoin de traduire Shakespeare dans le français de Baudelaire pour évaluer les capacités d'un élève à évoluer dans un pays étranger... »
Je me rappelle plus si j'ai eu une version à faire, mais ah oui on ne parle que des écoles de commerce sous le titre général de grandes écoles, j'avais oublié, donc ça n'a pas d'importance.
Et elle insistait même pour revoir les coefficients en langue en estimant que « dans les écoles de commerce surtout, les langues sont dotées d'un trop fort coefficient et font chuter des postulants »
Allô la lune ? On parle d'un concours là, destiné à sélectionner les "meilleurs profils" (sic). J'aurais cru que pour ce milieu du commerce, parler un anglais correct c'était limite un prérequis... Si l'épreuve est mal conçue, admettons qu'on puisse la réformer, mais la diminuer sous le seul prétexte qu'elle ralentit des gens ?
Puis les élèves (pas forcément riches) qui ont travaillé plusieurs langues en partie parce qu'ils ressentaient que ça pouvait leur être utile ? Faites pas, ça vous aidera pas.
Regrettable de voir encore un ministre balayer à ce point l'utilité de parler une langue étrangère.

Mais ce qui me fait mentionner cet article ici, c'est quand on parle de mettre les TIPE au programme des prépas commerce où ils ne sont pas encore :
« Les filières scientifiques ont montré tout l’intérêt de cette épreuve et son caractère socialement non discriminant », écrivent à ce propos les auteurs.
Heu... Sans déconner ?
La première petite étoile (écrite avant d'avoir lu cet article, juré) annonce déjà bien la couleur de mon opinion là-dessus...
Tu peux faire un truc béton sur les TIPE si t'as un parent chercheur, travaillant dans le milieu scientifique, pour te donner des idées, t'aiguiller (mieux que les profs qui n'y connaissent pas toujours grand-chose sur les sujets pointus), te fournir du matos. Si t'en as pas c'est franchement plus compliqué !
Sans compter l'exemple de l'ADS que j'ai développé tout à l'heure... Et les TIPE c'est pareil : tout le monde n'attend pas une prestation standard, c'est-à-dire que ta note peut énormément dépendre de ton jury bien plus que de la quantité et la qualité du travail fourni... Mon prof de physique a d'ailleurs passé un temps fou à nous aider à présenter au mieux un travail pas forcément terminé (t'as franchement pas le temps de te retourner si tes expériences foirent), la preuve qu'il y en a beaucoup dans la forme...
Je trouve que face à ça, les cours particuliers de maths ou les camps d'anglais aux USA que "seuls les riches peuvent avoir" font bien pâle figure...

Pour le reste de l'article, je ne commente pas (recours aux cours particuliers de maths, résultats au bac des boursiers/non boursiers****...)

Quand même un mot sur la conclusion :
Et d’en conclure que « si des études plus larges les confirment, les classes préparatoires constituent un formidable ascenseur social, capable de rattraper, entre le baccalauréat et l’oral des concours, entre deux tiers et trois quarts des décalages progressivement accumulés depuis le primaire ». Ce que constataient d’ailleurs les auteurs de l’étude sur les concours, mais pour la seule culture générale il est vrai. Quoi qu'il en soit, un bon point pour les prépas !
Conclusion appuyée donc -uniquement - sur le dernier paragraphe (si j'avais fait un truc pareil au lycée j'en entendrais encore parler je crois), et qui paraît un peu contradictoire. La prépa corrige-t-elle des inégalités ou en génère-t-elle ? Compliqué à comprendre... Peut-être faut-il améliorer les prépas même si elles sont déjà bien ? C'est quoi le vrai bilan de tout ce bazar ? C'est flou !

En tout cas cette conclusion ne m'éclaire pas beaucoup sur l'idée dominante de l'article, sur la réponse à la problématique du titre, donc si quelqu'un veut bien me l'expliquer...

* Travaux d'initiative personnels encadrés (je sais même pas comment ce sigle garanti pure rhétorique s'écrit sous sa forme entière), le clone de prépa des Travaux Personnels Encadrés du lycée. Pénible autant l'un que l'autre à mes yeux. Comme si tu pouvais travailler sur un projet de recherche convenablement sans même qu'on t'ait appris à faire une recherche bibliographique (un truc que j'ai vraiment appris qu'en école d'ingénieur, avec les outils SciFinder PubMed et tout), sans être en mesure de choisir ton sujet de façon à ce que 1 il soit intéressant et 2 compatible avec les moyens du lycée (faibles par définition), et si t'as pas 2 à te démerder pour trouver ce qu'il te faut, notamment quand tes profs académiques n'y connaissent rien et ne peuvent pas t'aider.

** Ils faisaient tous la deuxième année depuis déjà longtemps. Il est rare qu'un prof prenne plus d'une classe, et il garde toujours la même au fil des ans.

*** De mémoire, garanti pas loin de la vérité.

**** Bel amalgame ici aussi d'ailleurs : les populations de boursiers du secondaire et celles du supérieur ne sont pas les mêmes, les secondes sont beaucoup plus nombreuses !

vendredi 17 juin 2011

Cuisine story

J'avais envie de vous parler un peu de mon rapport à la cuisine mais je savais pas par où commencer. Du coup j'ai ressorti ça des débuts de Dr. CaSo (enfin début du blog actuel bien sûr), ça m'a bien plu et ça m'amuse après une matinée à fouiller des sites de cuisine.

1. Quel est le premier plat que vous avez appris à faire dans votre vie?
Aucune idée. La colle. (Là en me relisant j'imagine un plat de colle, donc non non non, je parle bien sûr de la question !). J'ai tout appris sur le tas en une période assez courte de ma vie, parce qu'en fait, pendant longtemps, j'avais un peu peur de manipuler le gaz. Si, vraiment.
Ah si si on pourrait dire que le premier truc que j'ai appris, c'était dans "la maison de vacances" de Douarnenez que possédaient mes grands parents maternels (un appart minuscule au RDC d'un immeuble régulièrement cambriolé), où, à 7 ans, on m'a fait faire la vinaigrette pour la salade. J'ai longtemps été préposée à la vinaigrette après ça, parce que j'étais la seule à savoir l'émulsionner correctement.

2. Que rêvez-vous de faire mais vous avez trop peur de le rater pour oser l’essayer?
A priori, pas grand-chose. Si : les oeufs à la neige et leur corollaire les meringues. J'ai une malédiction là-dessus, et en plus j'aime pas la meringue (j'ai dû en manger que des mauvaises).
Et aussi le pain, ça me paraît beaucoup de travail comparé à un euro dans une bonne boulangerie.

3. Quel ustencil / appareil / machine / bidule utilisez-vous le plus dans votre cuisine?
Une poêle et un couteau. Pour la machine, mon robot, et surtout le blender.

4. Quel(s) plat(s) faites-vous quand vous voulez impressionner vos invités?
Un cheesecake. Ca surprend souvent ce gâteau là. Ou un pastel imposible.

5. Qu’avez-vous acheté pour votre cuisine que vous n’utilisez (presque) jamais?
La sorbetière, on me l'a offerte, mais elle n'a pas encore beaucoup servi faute d'occasions (un peu trop géante pour déménager avec elle), mais ça va vraiment évoluer... La balance peut-être, parce que dès que je la sors ça fait tellement longtemps qu'elle a pas servi que les piles sont nazes. Ca me gonfle un peu la balance, je suis super pifométrique. Ca me réussit pas toujours d'ailleurs, notamment sur la pâtisserie.

6. Quelle recette vous rappelle les meilleurs souvenirs d’enfance?
Mon enfance n'était pas franchement gastronomique. On va dire les langoustines ramenées de Bretagne à la mayo parce que je vois vraiment rien d'autre... Ou alors les p'tits pois écossés soi-même sur a terrasse et mangés crus sur la même terrasse pour un nombre non négligeable d'entre eux. Mioume.

7. Quand vous achetez un livre de cuisine, comment le choisissez-vous?
Si le thème m'intéresse en général, ainsi que la liste d'ingrédients : si on me demande à chaque recette du serpolet frais ou de la citrouille séchée ou n'importe quoi d'introuvable, c'est non direct. Ceci dit j'ai bien un lait frappé à l'oursin dans l'un d'eux...
Mais en ce moment j'en achète plus trop, je trouve que j'ai déjà plus que nécessaire. J'ai acheté 4 bouquins ces derniers temps qui traitent plus de techniques que de recettes : celui-là et celui-ci sur des techniques de base, un autre sur les vins et ce dernier pour la pâtisserie. Je les aime bien, j'y trouve des trucs utiles, notamment le premier qui m'apprend à vider un poisson, gérer un fenouil, nettoyer des fruits de mer, faire un roux, trouver que faire avec un pinot gris...
Dernier achat tout de même, The Takeaway Secret, attendu incessamment sous peu dans ma boîte aux lettres. Oui j'aime trop le fast-food pour ma santé, je sais.

8. Quel(s) ingrédient(s) peut-on toujours trouver dans votre frigidaire?
Dans le frigo ? De la mayo, c'est à peu près le seul truc à l'épreuve du temps. Du lait aussi, mais peut y avoir de très longues périodes sans lait. De la crème fraîche aussi. Et de la moutarde. Et des tomates ; oui même l'hiver, moi j'aime bien les tomates pas très mûres.

9. Si vous receviez un million d’euros / de dollars pour refaire une beauté à votre cuisine ou y acheter n’importe quoi, que feriez-vous / qu’achèteriez-vous?
Houlàlà, ma cuisine ça deviendrait une usine après ça. En gros tous les appareils que j'ai pas encore : four à pain, friteuse, yaourtière, stérilisateurs à conserves, des tas de casseroles pour tout et n'importe quoi, une plaque induction bien évidemment, un billig pour les crêpes, une tonne de baeckhoffe, des frigos et congels partout en train de déborder...
Et j'y mettrais un jardin pour les légumes et les herbes, et un aquarium pour les poissons et crustacés. Paraît que c'est le meilleur quand on les prend juste vivants.

10. Quel est le truc le plus bizarre / inhabituel / exotique que vous ayez jamais mangé?
Saurais pas dire. Probablement un plat quelconque indien ou japonais. Et j'adore la viande d'autruche.

11. Est-ce que vous dépenseriez 300 euros / dollars pour un repas chez le plus célèbre cuisinier du monde si vous pouviez vous l’offrir?
Si j'ai le million de la question 9 voulez dire ? Si on parle du petit resto bâlois (j'ai oublié l'adresse exacte, je la retrouverai mais c'était pas loin de la station de tram Aeschenplatz) où mon ancien boss nous a invités pour la fin de l'année, je dis pas non. Mais c'est je pense le seul resto où j'accepterais de mettre une telle somme. 300 EUR/USD/CHF c'est beaucoup quand même, en général j'aime pas trop me payer des repas trop chers (surtout qu'il faut avoir la capacité d'estomac qui va avec), je préfère passer la journée dans ma cuisine à faire la folle autour d'un tas d'essais !

12. Qu’est-ce que vous n’aimez vraiment pas manger?
Le fromage, les bananes, la noix de coco, le céleri, le curry, le cumin, la coriandre, le poti(mar)ron, la cannelle, le cassis, les airelles... Pas mal de choses en fait, je le reconnais. Même s'il y a vraiment que les 3-4 premiers pour lesquels c'est vraiment absolu (et pour le fromage, la mozzarella, le cheddar, l'emmental en petites quantités ça passe encore).
Et quand t'as envie de faire un peu de végétarisme de temps en temps, faut dire ce qui est, ne pas aimer le fromage ça rend tout de suite les choses un peu plus compliquées...
(J'ai quand même une idée qui me trotte dans la tête : faire toutes les premières semaines du mois entièrement végétariennes ; ça serait pas plus mal pour ma diète, vu que je ne mange pas assez de légumes, mais j'ai pas du tout la motivation d'arrêter complètement le carné, j'aime trop la viande... Et si on commençait en juillet tiens ?)

13. Si vous ne pouviez emporter qu’un seul aliment sur l’île déserte où vous allez habiter pendant les 15 prochaines années, qu’est-ce que ça serait?
L'arsenic. On se lasse de tout à la longue.

Voilà. Reprend qui n'en veut :)

jeudi 16 juin 2011

Histoire d'examens

Entre l'agreg d'histoire et l'épreuve de Lecture Critique d'Article de l'ECN, (tiens à propos de ce genre d'exercice intéressant pour tout le monde je vous propose ce bon lien, en particulier pour vous mesdames enceintes angoissées) en France ça rigole bien cette année au niveau des examens. Pas fâchée de pas en avoir en 2011 tiens.
(Prochaine et avec un peu de chance dernière session : mars 2012)

J'ai débattu dans les commentaires de chez Jaddo d'un épisode qui est arrivé l'année où je passais les concours des grandes écoles et notamment les CCP, les plus courus de France : une autre filière a eu un sujet complètement vicié sur une des trois matières principales. L'épreuve a été gardée et des centaines d'étudiants ont eu un classement foireux à cause de ça.

Et je me suis fait répondre en gros "normal, y a pas rupture de l'égalité devant l'énoncé".
J'en ai vu ni à l'ECN ni à l'agreg de rupture d'égalité*. Le sujet était vicié, OK, mais pour tout le monde. Et pourtant les conclusions ont été différentes des deux côtés.
Ca suffit pas qu'un énoncé soit gravement loupé, non, non pas pour la rupture d'égalité mais pour simplement l'intégrité du concours ou de l'examen ?

C'est effrayant que des concours nationaux aient des sujets qui manifestement ne sont ni relus ni testés (pour ce genre de concours ça peut l'être par des thésards dans la matière, sans problème). Je n'y étais pas, à aucun des deux, mais j'ai vaguement idée de comment j'aurais réagi si j'avais dû repasser les CCP après deux ans de galère. Et en tant qu'étudiante en fin d'études qui va peut-être passer des concours de l'Etat, oué. Ca m'inquiète.

Sans compter que récemment je me suis retrouvée pour une semaine dans le rôle de professeur. Mettre à niveau un élève** de BTS en maths, sur un programme assez voisin de celui du Bac***. J'ai donc conçu une série d'exos qui pourrait convenir à cet examen, en quelques heures.

Ce n'est pas un exercice facile. Trois heures d'exam, je dois donc le faire moi-même en 1h-1h30. Et sans erreurs dans l'énoncé. Je l'ai pas créé à partir de rien, j'ai pris des trucs sur le Net****, mais quand même. Fallait tout vérifier, et encore à l'exam proprement dit j'ai vu que j'avais négligé une question toute simple en apparence mais un peu galère.

D'où nouveau point de vue : TOUT relire dès qu'on prépare un exam, et pas seulement les questions un peu compliquées.
Si même moi j'arrive à le comprendre, ça devrait être systématiquement fait, et ce n'est pas le cas.

Aujourd'hui l'examen est passé. Bonne note pour l'élève (14, versus 3 en janvier). Bonne note pour moi aussi comme prof donc. Quelques déceptions cependant, sur quelques petites choses qu'on a vues ensemble et que je croyais comprises et visiblement pas tout à fait. Spa grave. 14 c'est déjà pas mal.

* Pour l'ECN ça reste à confirmer. La deuxième épreuve y avait clairement rupture d'égalité, vu que tout le monde n'avait pas de copies. Pour la première par contre, c'est moins évident... Soit les articles le disent pas clairement (ni le communiqué d'ailleurs*****), soit, ben, y avait rien pour la rupture d'égalité.

** Cet élève, je vis avec. Pour l'instant.

*** Faut dire qu'à presque 27 ans pour lui le Bac ça peut paraître un peu loin. Pour moi à 23 ans, le programme de première et terminale S sont très nets dans ma mémoire : j'ai eu des bons profs. Mais c'est la seule matière, même en physique-chimie y a des trous alors que je suis chimiste.

**** Ca s'improvise pas comme ça d'inventer une fonction qui a les propriétés qu'on veut pour les questions de l'exo. En tout cas pas par moi.

**** Qui exprime ses "regrets". Ca c'est super beau. Moi j'aurais pensé que ça méritait carrément des excuses, mais mon Dieu, ils pourraient donner l'impression que c'est leur faute !

jeudi 9 juin 2011

Le dernier jour d'un condamné

(A 14 ans je l'ai trouvé grave traumatisant ce bouquin. Jamais osé le relire du coup...)

Le dernier jour c'est pas encore aujourd'hui mais je pense qu'on peut raisonnablement l'attendre avant la fin du mois.

Le condamné c'est le mini-PC (une dizaine de pouces d'écran et un petit kilo dans le sac) que j'ai acheté il y a deux ans très exactement en solde chez Surcouf, pour l'emmener au Canada. J'avais un problème de limite de kilos à trimbaler.

Depuis il me suit sur mes déplacements en week-end, en vacances, dans mon sac à dos, et il a pas mal souffert. Jusqu'à ce que, au niveau de la charnière écran-clavier, le plastique à gauche cède suffisamment pour libérer le petit bout de métal de merde qui tient la charnière. Jusqu'à ce que, un jour où je posais le machin sur le canapé, l'homologue du bout de métal à droite casse d'un coup.
Donc mon écran est impossible à maintenir debout sans aide extérieure et tient par un câble de chaque côté. Mon coloc de Belgique l'appelait Nick Quasi-Sans-Tête.

Ca faisait déjà longtemps qu'il allait pas bien bien (Nick, pas le coloc)...

Depuis janvier, il m'a inventé le redémarrage post-vidéo que quand t'as redémarré le Wifi marche plus (oui c'est concept). En gros, tu regardes une vidéo sur le Net (Dailymotion surtout, les fichiers sont plus lourds que sur Youtube on dirait), et le PC redémarre, et tu dois encore le redémarrer pour retrouver le Net.

Depuis quinze jours, j'ai visiblement un machin d’exécution de Google Chrome qu'un redémarrage intempestif a corrompu et qui ne marche plus...

Depuis une semaine, le redémarrage se fait de façon tout à fait aléatoire, de préférence quand je m'apprête à envoyer un mail de douze bornes pas sauvegardé, Murphy powa. Plus besoin de vidéo là.

Hier, c'était l'horloge interne. 23 minutes de retard en fin de journée...

Aujourd'hui, c'est l'alim.

Il était resté sur l'alim pendant un moment, mais hier mon cher amour a absolument voulu MON alim pour pas s'emmerder à brancher le sien de laptop.
Ce matin, elle ne marche plus.
Enfin si, encore un peu, mais l'ordinateur débranche/rebranche sans arrêt alors que ça bouge même pas... Faux contact, un ici aussi ?

Pfffffff.
Ben RIP dans pas longtemps, promis Nick.

Mais attends au moins que j'aie tout récupéré mes données avant...

mercredi 8 juin 2011

Frustrations.

Mon job étudiant, c'est prof de maths : 5 élèves au compteur suivis régulièrement sur 4 ans. Non pas plus, faut aussi que je bosse moi.

Et être prof de maths, parfois c'est rrrrrrrrrrrggggggggggnnnnnnnnnnnnnnnnnnn.

Ah oui non pas 5 élèves : j'en compte un sixième depuis une semaine et jusqu'à aujourd'hui : mon copain qui préparait un BTS blanc avec des vrais morceaux de maths dedans.
Niveau Bac les maths, à peu près. Comme mes élèves d'avant quoi.

Alors moi le programme, j'assure.

Mais par contre, là où j'assure pas, c'est de comprendre ce qui coince dans la tête des élèves lorsqu'ils arrivent pas à comprendre un truc qui te paraît de la logique la plus élémentaire. Et encore, ça arrive plus au collège qu'en 1S ou TS où y a déjà eu de l'écrémage.

Et le pire c'est qu'au moment où j'écris ça j'ai pas d'exemple qui me vient.

Ah si si si.

Un truc que j'aime bien, c'est le raisonnement par récurrence.
Mais je serais bien contente que ça paraisse tout con à chacun de mes lecteurs, parce que mes élèves ils adorent pas. Et dimanche j'ai passé dessus un temps fou.
Parce que l'étape "Si cette propriété est satisfaite par un certain nombre entier naturel n, alors elle est satisfaite par son successeur, c'est-à-dire par le nombre entier n+1." faire une démonstration là-dessus, vu que ça peut se faire un peu n'importe comment selon la propriété, ça plaît pas. Pour quelle raison ? C'est pas assez codifié, faut pas se mettre complètement en mode automatique.
Du coup spa bien.
Passage édité pour cause de malentendu. Il en manquait vraiment un morceau...
En même temps pour réussir à tous les coups, c'est sûr que ça implique de maîtriser à peu près tout ce qui peut être demandé, comment écrire un nombre impair en notation littérale*, manipuler les inéquations en faisant dessus des additions, des multiplications, pour aller du point de départ (si bidule) au point d'arrivée (alors machin), que sais-je. Toutes les maths quoi, ce qui n'est le cas d'aucun lycéen.
Du coup c'est difficile de donner de cette étape un exemple universel que tous comprennent et savent appliquer à tous les raisonnements. Si tu donnes quelques exemples, dès qu'on tombe sur un cas qui sort de ces exemples, ça coince. Même si on les aide. Alors ça c'est une difficulté d'application du raisonnement, ça peut arriver, mais c'est moins drôle que l'élève bloque sur ce raisonnement par la suite à cause d'un raisonnement périphérique et indépendant qu'il ne parvient pas à mener une fois dans un exo.
Pire encore parfois car concernant le raisonnement lui-même : les élèves confondent la notation que l'on donne à une marche inconnue certes mais momentanément fixée (cette étape dont je viens de parler) et celle que l'on donne pour désigner n'importe laquelle de toutes les marches. Du coup ils commencent leur démonstration avec ce qu'ils sont censés démontrer (ça donne un raisonnement qui consiste à dire que 2+2=4 parce que 2+2=4, le type de raisonnement qui dans tous les domaines du monde ne convaincra personne que 2+2=4), et j'arrive pas à leur faire comprendre quel est le problème.
Et du coup tu te retrouves avec des re-rrrrrrrrrrrrgggggggggggnnnnnnnnnnnnnn.
(Coup de bol, monsieur BTS n'a pas eu de récurrence au partiel. Ouf.)
Fin de l'édition.

Et non c'est pas de la vantardise.

Que celui qui n'a jamais vécu cette situation de rrrrrrrrrrrggggggggggnnnnnnnnnnnnnnnnnnn en voyant quelqu'un peiner devant un truc que lui-même maîtrise parfaitement (ça peut être un prof de langues devant un élève qui balbutie, un prof de français devant une orthographe massacrée, ou même ça (d'ailleurs y a pas longtemps c'était mon copain dans le rôle du rrrrggnnn et moi dans celui du balbutiant à peu près dans le même contexte, sauf que c'était Lost Odyssey et pas Prince of Persia. On est toujours le con d'un autre.)) que celui-là donc me jette la première pierre.

C'est ça le pire dans le métier de prof : comprendre pourquoi un élève comprend pas et ce qu'il faut faire pour le faire comprendre.
Et ça, y a personne pour te l'enseigner.
Ni à l'IUFM ni ailleurs.
Et pour les maths, ça serait pas mal de faire un peu de maths appliquées AVANT la fac. Que ces charmants mignons comprennent que les fonctions, les vecteurs, les dérivées, ça sert aussi pour des trucs concrets.
Mais c'est pas à la mode.

* 2k+1, avec k entier naturel.

mercredi 25 mai 2011

Comme le temps passe...

On est déjà presque fin mai et je n'ai pas vu passer le mois...

- à chercher un F1 à Strasbourg - trouvé, reste plus qu'à avoir les clés, l'aménager et le meubler, ouéééééééé....

- à chercher une chambre meublée à Karlsruhe pour ce stage restant à faire - je réponds à plein d'annonces, ça se précise, je suis confiante pour juillet,

- à chercher une bourse de subvention pour ce même stage, sinon c'est mes économies de Suisse qui vont y rester - Erasmus m'a renvoyé un "bah non on subventionne que le premier stage d'une année césure". Ah vous l'aviez pas demandée à l'époque, ah vous l'auriez pas eu de toute façon vu la belle paye, ah ce stage est tout aussi obligatoire que le premier, ah si vous aviez fait ce stage non payé en premier et non en troisième vous auriez même été dans les prioritaires pour les sous ? Rien à fiche. Pas de sous, ça vous apprendra à vouloir vous former sur le tas tiens. Je cherche les solutions de recours mais c'est chaud patate.

- à découvrir que mon copain n'avait pas finalement si envie de rompre que ça, et à donner une chance de réparer une relation (et une confiance, la mienne) franchement endommagées...

- à hésiter pas mal de temps sur ce que j'allais faire concernant le point 1 du coup,

- à faire tout ce qu'il fallait pour se pré-inscrire au master recherche de sciences analytiques de l'université - joindre tout le programme officiel de prépa PCSI et PC, un cursus national, dans le dossier papier de candidature ? Non, sans déconner ?

- à contacter un labo du CNRS lié à ce master pour le stage de dernière année (entretien dans une semaine, si ça marche ça sera une sacrée épine dans le pied en moins pour l'an prochain...

- à prier pour être admise dans le module complémentaire que je veux l'an prochain également -si j'avais su que les notes obtenues aux exams l'an dernier feraient peut-être l'objet d'une sélection, j'aurais peut-être plus travaillé...

- à régler mes problèmes avec mon père - qui ne boude plus mais continue à se comporter pareil sans avoir compris ce qui n'allait pas, spa encore ça...

- à cuisiner et à faire des tests - note pour moi même, sympa cette marinade de sandwich grec, j'ai doublé toutes les doses vu ma quantité de viande... et ça pue l'ail dans tout l'appart dès qu'on touche le saladier... donc 1 gousse suffit, deux (quatre dans mon cas) c'est carrément trop... Par contre j'ai réalisé le gâteau impossible de E. dont je ne trouve plus le lien. Il a très bien réussi à un détail près, le gâteau au chocolat était 3 à 4 fois plus épais que le flan... Merci beaucoup à E. tout de même, je réajusterai la prochaine fois. Ceci dit le gâteau a bien étonné mes collègues, objectif atteint.

Même quand les gens en général et ton père en particulier te considèrent comme oisive car en vacances, la vie peut être un peu compliquée parfois.

vendredi 6 mai 2011

Tournants

Billet défouloir et complètement décousu juste après. Accrochez-vous ça va tanguer.

Comme E. l'a deviné il y a déjà un bout de temps, je pars bientôt à Karlsruhe. Juillet précisément. En attendant, rien à faire de particulier.

Sauf que ces vacances que j'ai attendues avec tant d'impatience, ben, elles viennent de prendre un tournant imprévu. Disons que concrètement, je n'ai pu que regarder ma relation amoureuse, vieille de presque trois ans, s'écraser comme un avion de ligne sur une montagne sans rien pouvoir y faire. Le moral, ça va pas super bien ; disons que j'hésite pas mal entre l'appréciation (on va pas dire l'euphorie quand même) d'une liberté à laquelle j'aspirais visiblement quelque part, et la grosse, grosse, grosse déprime.

En attendant, en pratique, je n'ai plus de logement et en trouver un pas cher à Karlsruhe s'annonce super compliqué. Et je n'en ai plus depuis longtemps à Strasbourg non plus... Et mes projets pour les vacances, va falloir les revoir.

Et mon père qui veut que je vienne en Bretagne si je veux me faire consoler.
Ben c'est gentil, c'est vrai, mais...
Rien que l'idée me déprime encore plus.

Parce que je crois honnêtement que mon père est incapable de consoler qui que ce soit. Il sait pas, c'est tout. En tout cas, pas moi. J'ai déjà exposé ici les relations particulières que j'ai avec ma famille paternelle, mais les choses évoluent de mal en pis.

Le problème, c'est que mon père ne va pas accepter le fait que je n'aie pas la moindre envie de "me faire consoler en Bretagne" (j'en ai marre que mes pensées me viennent en anglais, j'ai failli écrire "won't take no for an answer").
Ma mère n'en aurait pas fait tout un pataquès si je n'étais pas venue et étais restée silencieuse pendant un certain temps. Ce qui n'arrive jamais d'ailleurs, parce qu'on est relativement proches, qu'on arrive à discuter facilement. Avec mon père, non. On ne vit tellement pas sur la même planète... (D'où les doutes sur la consolation, comment on peut consoler quelqu'un sans le comprendre...)

Je pourrais citer des tonnes d'exemples, comme ça. Mais quand ma mère m'a parlé d'un truc sorti d'un de ses multiples bouquins de psychologie - faut que je précise à ce stade que ma famille maternelle est relativement branchée psycho, notamment ma cousine qui l'étudie, alors que pour moi la psycho c'est un trou noir, et je n'y connais rien de rien de rien. Bref, elle me sort de ses bouquins de psycho le concept des "relations à somme zéro". Je ne suis pas douée pour expliquer la psychologie alors je n'essaierai même pas, mais disons que pour moi, cela se manifeste par une angoisse constante de la "réciprocité" que mon père semble attendre en permanence pour son affection et les cadeaux qu'il fait. Visites exigées dès que j'ai le malheur de passer à moins de 300 km (j'approche plus la Bretagne par accident, juré), coups de fil attendus régulièrement sous peine de bouder ou provoquer une querelle familiale, et ce même si je suis super loin, super occupée ou rien à raconter (qui l'intéressera s'entend, ce qui limite grandement les possibilités). Ça se manifeste innocemment, par exemple par les remarques "oh, tu te souviens quand je t'avais offert ça ?" qui, quand elles deviennent aussi récurrentes, ne sont plus innocentes.

Du coup j'ai notamment du mal avec le fait qu'il me donne un peu d'argent tous les mois depuis cinq ans que je suis dans mes études (alors que bon, ma mère quand j'étais mineure s'est débrouillée toute seule), et qu'il ait voulu me reconnaître à ma majorité (jamais fait, et je m'y refuse - n'y voyez aucune influence maternelle). Toujours l'impression qu'il va exiger la reconnaissance en échange, alors que, de fait, vu que je suis boursière je n'ai pas vraiment besoin de cet argent. Argent complété tous les ans à mon anniversaire et à Noël : ça aide mes économies c'est sûr (aujourd'hui assez ébouriffantes pour une étudiante), mais j'ai aussi l'impression assez gênante derrière que lui il ne se casse pas la tête pour me chercher une idée de cadeau tellement il me connaît mal ! (oui je sais, y a des parents qui délaissent complètement leurs enfants, blabla. Je sais. Et sachez bien vous que ça n'enlève rien à mon malaise permanent)

Ca ne veut pas dire qu'il ne m'aime pas, je ne doute pas qu'il m'aime vraiment.
Mais les relations à somme zéro, d'après le psy, et d'après la logique élémentaires, sont destinées à foncer direct dans le mur.
Je pense que tout ça, il n'en a même pas conscience.
Mais moi...

Avant-hier je l'ai eu au téléphone. Ca fait moins de deux semaines que j'ai pris la massue dans la gueule, j'arrive pas à faire semblant d'être motivée et de faire des projets pour venir, et là la consolation sort : "secoue-toi un peu, ça va bien hein, et je trouverais super super décevant de ta part que tu viennes pas" d'un ton pour le moins réprobateur.
Ben tiens.
Des consolations comme ça, je m'en passe très bien.
Et moins que jamais j'ai envie de réserver mon billet pour Quimper maintenant.

La prochaine étape, c'est la suivante : lui parler au téléphone, certes. De choses qu'il ne comprend pas et qui montreront à quel point il est en décalage avec moi. Et lui parler de feu mon grand-père maternel, son modèle, et la relation simple que lui avait avec ses filles et petites-filles.
Ca peut être intéressant comme expérience.